Antennes relais, zone de non droit?

Les opérateurs entre recul et passage en force face à la mobilisation citoyenne

Posted in Article, Témoignage by camilleletallec on avril 23, 2010

depuis février, la porte d'entrée du 36, rue des Bernardins dit non aux antennes relais

En 2007, les habitants du 36, rue des Bernardins, dans le 5ème arrondissement de Paris  apprennent que Bouygues Telecom projette d’installer une antenne relais sur le toit de leur immeuble.

Une autorisation de travaux est affichée sur la porte mais ils affirment que la propriétaire ne les a pas prévenus. « Même si un propriétaire n’est pas tenu, légalement, de demander l’avis de ses locataires pour passer contrat avec un opérateur, ce n’est ni respectueux ni démocratique », s’insurge Elif Divitcioglu, une locataire de l’immeuble.

Opposés à cette installation, ils se mobilisent. Alertent les élus locaux, l’association Priartém, mènent des campagnes d’information dans le quartier. « L’antenne se trouverait à trois mètres de ma tête. Nous nous sommes beaucoup renseignés, il y aurait des conséquences sur la santé. Insomnies, pertes d’équilibre, migraines, voire des maladies graves, comme des cancers », s’inquiète Elif Divitcioglu, qui habite au 6ème étage.

Les lettres envoyées à la propriétaire, à Bouygues Telecom et au maire de l’arrondissement, Jean Tiberi, restent sans réponse. Pendant plus de deux ans, plus rien. « On pensait qu’on avait réussi à rallier la propriétaire à notre cause, qu’elle avait abandonné le projet », confie Elif Divitcioglu.

Mais en février dernier, les locataires découvrent que des ouvriers posent les bases de la future antenne. « Il semble que la propriétaire et Bouygues s’étaient mis d’accord pour suspendre le projet, le temps de calmer le jeu. Notre propriétaire est sourde à nos appels, son contrat avec Bouygues représente beaucoup d’argent », explique Mme Divitcioglu. Les riverains se mobilisent à nouveau pour éviter que le projet aboutisse. Ils écrivent à la propriétaire. Sans résultat.

Le 18 mars, une journée de sensibilisation dans les environs de la rue des Bernardins est organisée. Quelque 150 riverains, commerçants du quartier, ou parents d’élèves des crèches et écoles avoisinantes, signent la pétition des habitants du 36.

L'échaffaudage installé dans la cour n'est pas sécurisé

Le Maire de l’arrondissement, Jean Tiberi, fait le déplacement, et s’engage à planifier rapidement une réunion publique d’information en présence de Bouygues Telecom. Promet de demander à l’opérateur d’interrompre les travaux jusqu’à la tenue de cette réunion. Mais début avril, le rythme des travaux redouble. Un échafaudage est installé dans la cour de l’immeuble et la construction du local technique au sous-sol s’achève.

Le 6 avril, alors qu’une équipe d’ouvriers entend poursuivre les travaux, les locataires décident d’assurer une permanence devant l’immeuble pour en barrer l’accès. Les ouvriers de Bouygues Telecom rebroussent chemin après avoir fait constater par huissier qu’ils étaient dans l’incapacité de travailler.

Le 16 avril dernier a lieu la réunion d’information promise. « Nous avons demandé à Bouygues de nous expliquer l’utilité de cette antenne, alors qu’il y en a déjà cinq aux alentours. Le représentant nous a montré une carte figurant de minuscules zones non couvertes dans les rues. Nous ne sommes pas convaincus », dit Marie-Catherine Monegier Du Sorbier.

Au cours de la réunion, Bouygues Telecom a demandé l’accès au site pour « au moins sécuriser son échafaudage ». « Attention, Bouygues a déjà profité de l’accès à un chantier, sous prétexte de sécurisation, pour finaliser l’installation d’une antenne » prévient Marc Arazi, coordinateur de Priartém pour l’île de France.

Face au refus catégorique des habitants, Bouygues s’est finalement engagé à suspendre les travaux, jusqu’à la tenue d’une réunion de concertation. Mais les habitants sont perplexes. Chaque matin, au moins un locataire garde l’entrée de l’immeuble, pour éviter d’éventuels ouvriers y pénètrent.

Pour Marie-Catherine Du Sorbier, il n’y a « aucune écoute ou attention portée à nos craintes » de la part de Bouygues Telecom. En attendant une réunion de concertation dont la date est inconnue, elle « espère qu’ils vont réfléchir et abandonner le projet définitivement ».

Une longue banderole, déchirée, reste accrochée aux fenêtres

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